Projections janvier 2017: le PQ en légère baisse

Nous avons eu droit à deux sondages durant la même semaines. Le dernier Léger ainsi que le tout récent Crop ont rompu la tradition des derniers mois et montrent essentiellement la même situation! Après plusieurs sondages à la suite où ces deux firmes semblaient sonder deux univers parallèles, je suis très content de voir les sondages s'aligner. Que du bonheur!

Qualitativement, la situation n'a guère changé cependant. Le PLQ reste devant et accentue un peu son avance, le PQ est 2e aux alentours des 30% alors que la CAQ reste 3e avec 24%. Même QS y est stable, bien que ces sondages aient été faits avant l'annonce du départ de Françoise David - une nouvelle qui aura probablement des répercussions sur QS mais il est trop tôt pour en parler.

Léger inclut maintenant le Parti Conservateur (ainsi qu'ON) alors que Crop n'a que la catégorie "autres". C'est dommage. En plus, remarquez bien qu'il y a ainsi une différence majeure entre les deux firmes ce mois-ci: Léger a les 4 principaux partis representant 93% des votes alors que Crop les a à 98%! Comme je l'indiquais récemment, le modèle inclut maintenant le PCQ mais gardez bien en tête que projeter un nouveau parti n'est jamais facile. Il faudra par example savoir combien de candidats se présenteront sous cette couleur et comparer cela à 2014. Mais en attendant, avoir le PCQ dans le modèle est mieux que rien.

En termes de projections, vous les avez ci-dessous.

Intentions de votes; Projections de sièges avec intervalles de confiance à 95%; Chances de remporter le plus de sièges

Le PLQ reprend la tête. Avec plus de 75% de chances de remporter le plus de sièges, Philippe Couillard est relativement comfortable. Je fais ici une simple moyenne des deux sondages. Si je faisais ma répartition non proportionnelle des indécis tel que je le fais en campagne électorale, les chances du PLQ grimperaient en fait à 80%.

La situation du PQ est un peu étrange. Depuis son arrivée à la tête du parti, Jean-François Lisée n'a pas vraiment fait progressé sa formation. Et pourtant sa position référendaire semble satisfaire la grande majorité des électeurs, y compris au sein du PQ. Le PQ avait aussi plutôt bien fait lors des partielles du mois passé. Il se peut que la population ne soit simplement pas à l'écoute et cela expliquerait la situation très stable au cours de de la dernière année. Si l'on devait émettre un jugement sur les premiers mois sous Lisée, je dirais que le PQ est dans une bonne situation mais bien loin d'une victoire assurée en 2018. Cela malgré une insatisfaction toujours élevée contre le gouvernement Couillard.

Un autre parti qui est stable depuis des mois est la CAQ. Honnêtement le parti de Legault semble rester à 24% de manière continuelle. D'un côté on peut voir cela comme une bonne chose pour un tier parti de ne pas tomber, d'un autre côté on est en droit de se demander ce que cela prendra pour que la CAQ progresse.

Pour QS, la partielle dans Gouin nous révèlera beaucoup d'information. Il s'agissait d'un siège QS "sûr" sous Françoise David mais rien n'est moins sûr après son départ. Pour la formation de gauche qui a réussit à progresser à chaque élection, voilà un défi de taille. D'un autre côté, si QS parvient à conserver ce siège, alors nous saurons que ce parti est là pour rester.

Au final, la politique Québécoise est un peu "plate" à couvrir si loin de l'élection. Il y a eu un peu d'activité avec l'arrivée de Lisée mais le manque d'impact dans les intentions de vote fait en sorte que je pourrais probablement simplement recycler mes projections d'un mois à l'autre. Au moins, ce mois-ci, les partisans du PCQ peuvent maintenant s'amuser avec le simulateur.

La très divisée région de Québec

La très divisée région de Québec
Le dernier sondage Léger, publié hier, nous montre somme toute une situation politique stable au Québec (surtout si l'on tient des compte des marges d'erreur). En gros, si une éleciton avait lieu demain, nous aurions probablement une course serrée entre le PLQ et le PQ, tandis que la CAQ serait loin derrière.

Léger a eu la bonne idée depuis le mois passé d'inclure le Parti Conservateur du Québec dans ses sondages. Ceci est tout à fait naturel, d'autant plus que certaines partielles (y compris la plus récente dans Arthabaska) ont montré que ce parti était possiblement le 5e parti actuellement au Québec et récoltait un nombre non négligeable de votes dans certaines régions. Honnêtement, il n'y a pas de raison de ne pas inclure une telle formation dans un sondage.

Le sondage Léger a le PCQ à 3% à l'échelle de la province et 7% dans la RMR de Québec. Dans cette dernière, avec QS à 5%, cela nous donne 5 partis au-dessus des 5%. J'ai ainsi décidé de l'utiliser pour illustrer les distorsions du mode de scrutin actuel.

Je viens d'inclure le PCQ dans mon modèle et vous pouvez le voir dans le simulateur. Son inclusion n'était pas facile en raison de la faible quantité de données disponibles (le PCQ n'avait par exemple que 59 candidats et 0.39% des votes en 2014). En utilisant ces résultats et en tenant compte du fait que le PCQ n'avait pas de candidat partout (en particulier ce parti avait un pourcentage plus élevé de candidats dans certaines régions), j'ai estimé des coefficients régionaux dont je suis plutôt satisfaits. De manière intéressante, ces estimations me montrent le PCQ comme un "inverse de QS". Je veux dire par cela que ces deux partis sont forts dans des régions opposées. Pour le PCQ, les trois régions clés sont Québec, Chaudières-Appalaches et le centre du Québec (Mauricie). Svpl gardez bien en tête qu'il est toujours difficile d'ajouter un nouveau parti au modèle. Si le PCQ est vraiment à 3% provincialement, il s'agît d'un parti fort différent de cleui de 2014. Mais au moins les coefficients régionaux actuels ont du sens (les régions mentionnées sont logiquement celles attendues pour un "QS de droite").

Avec le PCQ à 3%, mon modèle aurait ce parti entre 4 et 5% à Québec, donc en-dessous du 7% de ce sondage. Mais souvenons-nous que les chiffres régionaux d'un seul sondage sont soumis à de très larges marges d'erreur. Toujours dans cette région, mon modèle a la CAQ un peu plus faible que le sondage et le PLQ plus élevé. Si je corrige cela afin de refléter les pourcentages du sondage, j'ai les projections suivantes dans cette région:


Mode de scrutin proportionnel
Sièges projetés D'Hondt Plus fort reste
PLQ 2 3 2-3
PQ 2 3 2
CAQ 6 4 4
PCQ 0 0 1
QS 0 0 0-1


J'ai utilisé deux méthodes connues pour répartir les votes avec un scrutin proportionnel. La méthode d'Hondt avantage en général les grands partis alors que la méthode du plus fort reste avantage les petits. Comme on le voit, selon la méthode choisie, la région de Québec pourrait fort bien se retrouver représentée par 5 partis! QS est entre 0-1 (et le PLQ entre 2 et 3) car pour le dernier siège à allouer, il y a égalité parfaite entre les deux formation. Avec la méthode d'Hondt, le PCQ rate un siège de très, très peu.

Remarquez comment le mode de scrutin actuel avantage la CAQ. Je suis un peu sceptique sur les chiffres dans la région de Québec et je pense personnellement qu'ils sont dus au faible échantillon. Mais si ces chiffres ont raison, le parti de Legault pourrait faire des gains importants dans la capitale nationale.

Le but de ce billet n'est pas vraiment de (re)lancer le débat sur le mode de scrutin proportionnel mais de montrer deux choses: 1) la région de Québec est actuellement très divisées. 2) le PCQ y est sondé au-dessus ds 5% et récolterait probablement 1 siège avec un scrutin proportionnel.

Finalement, la partie la plus intéressante de ce sondage pourrait fort bien se trouver à la fin avec la question concernant un référendum (ou, plus précisément, si Lisée a eu une bonne idée de repousser un tel référendum). 71% des électeurs PQ trouvent qu'il s'agît d'une bonne idee et seulement 14% sont contre. Les électeurs CAQ y sont encore plus favorables (ce qui est un bon signe si Lis.e veut séduire ces électeurs) alors que 21% des électeurs QS ne sont pas d'accord. QS se positionne ainsi de plus en plus comme le parti le plus souverainiste pour 2018. Le départ de Françoise David (dont l'effet sera difficule à inclure dans le modèle) et son remplacement par Gabriel Nadeau-Dubois vont aussi dans ce sens. Mais j'y reviendrai plus tard.