La très divisée région de Québec

Le dernier sondage Léger, publié hier, nous montre somme toute une situation politique stable au Québec (surtout si l'on tient des compte des marges d'erreur). En gros, si une éleciton avait lieu demain, nous aurions probablement une course serrée entre le PLQ et le PQ, tandis que la CAQ serait loin derrière.

Léger a eu la bonne idée depuis le mois passé d'inclure le Parti Conservateur du Québec dans ses sondages. Ceci est tout à fait naturel, d'autant plus que certaines partielles (y compris la plus récente dans Arthabaska) ont montré que ce parti était possiblement le 5e parti actuellement au Québec et récoltait un nombre non négligeable de votes dans certaines régions. Honnêtement, il n'y a pas de raison de ne pas inclure une telle formation dans un sondage.

Le sondage Léger a le PCQ à 3% à l'échelle de la province et 7% dans la RMR de Québec. Dans cette dernière, avec QS à 5%, cela nous donne 5 partis au-dessus des 5%. J'ai ainsi décidé de l'utiliser pour illustrer les distorsions du mode de scrutin actuel.

Je viens d'inclure le PCQ dans mon modèle et vous pouvez le voir dans le simulateur. Son inclusion n'était pas facile en raison de la faible quantité de données disponibles (le PCQ n'avait par exemple que 59 candidats et 0.39% des votes en 2014). En utilisant ces résultats et en tenant compte du fait que le PCQ n'avait pas de candidat partout (en particulier ce parti avait un pourcentage plus élevé de candidats dans certaines régions), j'ai estimé des coefficients régionaux dont je suis plutôt satisfaits. De manière intéressante, ces estimations me montrent le PCQ comme un "inverse de QS". Je veux dire par cela que ces deux partis sont forts dans des régions opposées. Pour le PCQ, les trois régions clés sont Québec, Chaudières-Appalaches et le centre du Québec (Mauricie). Svpl gardez bien en tête qu'il est toujours difficile d'ajouter un nouveau parti au modèle. Si le PCQ est vraiment à 3% provincialement, il s'agît d'un parti fort différent de cleui de 2014. Mais au moins les coefficients régionaux actuels ont du sens (les régions mentionnées sont logiquement celles attendues pour un "QS de droite").

Avec le PCQ à 3%, mon modèle aurait ce parti entre 4 et 5% à Québec, donc en-dessous du 7% de ce sondage. Mais souvenons-nous que les chiffres régionaux d'un seul sondage sont soumis à de très larges marges d'erreur. Toujours dans cette région, mon modèle a la CAQ un peu plus faible que le sondage et le PLQ plus élevé. Si je corrige cela afin de refléter les pourcentages du sondage, j'ai les projections suivantes dans cette région:


Mode de scrutin proportionnel
Sièges projetés D'Hondt Plus fort reste
PLQ 2 3 2-3
PQ 2 3 2
CAQ 6 4 4
PCQ 0 0 1
QS 0 0 0-1


J'ai utilisé deux méthodes connues pour répartir les votes avec un scrutin proportionnel. La méthode d'Hondt avantage en général les grands partis alors que la méthode du plus fort reste avantage les petits. Comme on le voit, selon la méthode choisie, la région de Québec pourrait fort bien se retrouver représentée par 5 partis! QS est entre 0-1 (et le PLQ entre 2 et 3) car pour le dernier siège à allouer, il y a égalité parfaite entre les deux formation. Avec la méthode d'Hondt, le PCQ rate un siège de très, très peu.

Remarquez comment le mode de scrutin actuel avantage la CAQ. Je suis un peu sceptique sur les chiffres dans la région de Québec et je pense personnellement qu'ils sont dus au faible échantillon. Mais si ces chiffres ont raison, le parti de Legault pourrait faire des gains importants dans la capitale nationale.

Le but de ce billet n'est pas vraiment de (re)lancer le débat sur le mode de scrutin proportionnel mais de montrer deux choses: 1) la région de Québec est actuellement très divisées. 2) le PCQ y est sondé au-dessus ds 5% et récolterait probablement 1 siège avec un scrutin proportionnel.

Finalement, la partie la plus intéressante de ce sondage pourrait fort bien se trouver à la fin avec la question concernant un référendum (ou, plus précisément, si Lisée a eu une bonne idée de repousser un tel référendum). 71% des électeurs PQ trouvent qu'il s'agît d'une bonne idee et seulement 14% sont contre. Les électeurs CAQ y sont encore plus favorables (ce qui est un bon signe si Lis.e veut séduire ces électeurs) alors que 21% des électeurs QS ne sont pas d'accord. QS se positionne ainsi de plus en plus comme le parti le plus souverainiste pour 2018. Le départ de Françoise David (dont l'effet sera difficule à inclure dans le modèle) et son remplacement par Gabriel Nadeau-Dubois vont aussi dans ce sens. Mais j'y reviendrai plus tard.

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