4 mois de sondages et projections en 1 graphique

3 Avril 2012: Voir l'évolution des intentions de votes au cours des derniers mois est intéressant. Cependant, l'évolution est encore plus marquée lorsque l'on regarde les projections de sièges. Cela se produit en raison du système électoral Québécois qui (malheureusement à mon avis) n'est pas proportionnel.

En utilisant les sondages Crop depuis la création officielle de la CAQ en novembre 2011, voici l'évolution des sièges projetés pour les trois principaux partis (QS oscille entre 1-2 sièges au cours de cette période).


Comme on peut le voir, le parti de François Legault a connu une forte chute. Je n'ai pas les données devant moi, mais je pense que cette chute est pas mal comparable à la chute qu'avait subit l'ADQ en 2003 lorsque ce parti s'était subitement retrouvé en tête des intentions de votes. Je ne dis pas que les raisons derrière ces chutes sont les mêmes, loin de là. Mais il y a une similitude.

Le PQ joue au jeu des vases communiquant avec la CAQ. Lorsque cette dernière baisse, le PQ augmente. En l'espace de 2 mois à peine, ces deux partis ont en fait inversé les rôles. En effet, la CAQ  est passée de 39% avec près de 80 sièges projetés à seulement 24% et 18 sièges. À l'inverse, le PQ a remonté en 2 mois de 19% à 34%, prenant par la même occasion la tête dans les intentions de votes et de sièges. Ce que le graphique ci-dessus montre est vraiment l'effet du mode de scrutin. En particulier, la "zone payante" est en général considérée comme étant au-dessus de 25% (i.e: la zone où chaque point supplémentaire se traduit par de forts gains en termes de sièges). Ainsi, la CAQ en chutant sous les 30% (et, au même moment, le PQ grimpant dans cette zone) fait en sorte que cet effet en termes de votes est amplifié drastiquement en termes de sièges. Quel revirement de tendance en tout cas. J'avoue avoir de la misère à expliquer ce phénomène, même s'il fallait si attendre quelque peu j'imagine. Cependant, la rapidité avec laquelle cela est arrivé est vraiment surprenante. Après tout, la CAQ recueillait 35-36% dans les sondages depuis des mois avant sa création en tant que parti et sa fusion avec l'ADQ. Le PQ a non seulement réussi à récupérer bien des votes de la CAQ mais également de chez QS. Ce dernier a en effet baissé dans les sondages de son haut à 11% à seulement 5% récemment.

Autre chose remarquable: la stabilité du PLQ. Il y a bien quelques gains et pertes (par exemple, le PLQ pouvait espérer près de 50 sièges lorsque la CAQ ne pointaint plus qu'à 31% et le PQ n'avait pas encore commencé sa forte progression, en janvier dernier) mais dans l'ensemble, le PLQ n'est pas affecté par le jeu joué par les deux autres partis. Cela provient de la concentration de son vote dans les circonscriptions non-francophones en particulier. C'est pour cela que je suis un peu confus d'apprendre que la CAQ vise les chateaux-forts libéraux. C'est bien d'être ambitieux, mais à l'heure actuelle, la CAQ devrait s'assurer de reprendre les votes perdus au PQ avant de rêver de prendre l'Acadie par exemple. Si vous regardez les projections détaillées, vous voyez que la CAQ est projetée loin derrière dans la plupart des bastions libéraux ciblés. Pour le PLQ, le scénario idéal est une division du vote PQ-CAQ, ce qui permettrait à Jean Charest de gagner une 4e fois consécutive (il serait fort probablement minoritaire cependant).

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