18 février 2014: Est-ce le sondage Crop est dans le champ?

Le plus récent sondage fait naturellement beaucoup de bruit. En se basant sur ces intentions de votes, mes projections montrent une victoire facile (et presque assurée) pour le PQ, accompagnée d'une très probable majorité.

Le problème bien sûr étant que le PQ n'a jamais atteint les 40% dans les intentions de votes depuis très longtemps. Le mois passé, Crop avait ce parti à 35%. Un bond de 5 pts en 1 mois (une variation significative) est relativement rare en l'absence d’événement majeur. Il est ainsi facile de penser que ce sondage est simplement dans l'erreur.

Pierre Duhamel de L'Actualité a de bons points à ce sujet. Voici quelques commentaires de ma part:

Pierre Duhamel dit qu'à 47% chez les franco, il faudrait que le PQ soit à 25% chez les allophones (note: j'imagine ici que Duhamel voulait dire les non-franco, pas seulement les allophones. Cette population ne représente qu'une petite minorité de l'électorat, encore moins que les anglo) afin que le PQ soit à 40% au général. Cela veut dire que Duhamel a les allo/non-franco à 30% environ de l'électorat (faites le calcul: 0.7 (part franco)*47%+0.3*25%=40%). Or, Claire Durand estime plutôt la part des non-franco à 20%. Dans ce cas, pour être à 40% dans la population en général, le PQ n'aurait besoin que de 12% chez les non-franco (0.8*47%+0.2*12%=40%).

Tout cela pour montrer que cela pourrait varier grandement en fonction de la part réelle des francophones dans l'électorat. Mais l'estimation de Pierre Duhamel me semble sur-estimer la part des non-franco. Pour information, le sondage Crop a 80% de franco dans son échantillon, avant pondération.

[MàJ]: Note: Pierre Duhamel a confirmé qu'il ne parlait que des allo à qui il accorde un poids électoral de 8%, contre 12% aux anglos et 80% aux franco. Dans ce cas, avec le PQ à 47% chez les franco et 25% chez les allo (dans son analyse), cela met le PQ à 3-4% chez les anglophones. Au final, mes calculs ci-haut combinent les anglo+allo (donc non-fanco). Dans ce cas, nous avons bien que cette catégorie devrait voter PQ à 10-12% en moyenne (Crop a les non-franco à 9% mais ils pondèrent par la suite). Au final, je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment quelque chose de bizarre ici. Le score du PQ chez les franco est 18% (=x1.18) supérieur à son score dans la population en général (47% contre 40%). Dans le Leger de janvier 2014, le PQ était 20% supérieur chez les franco. Un ratio très proche. En Décembre, c'était la même chose.  En janvier, le Crop avait le PQ à 42% chez les franco et 35% en général (encore une fois, PQ 20% supérieur chez franco). Au final, le sondage Crop montre le PQ en légère progression chez les non-franco, mais rien de vraiment majeur.

Le bond de 5 points vient ainsi essentiellement d'une hausse chez les franco. Il reste quand même que pour balancer l'équation, cela veut dire une hausse de 5 pts chez les non-franco (le PQ progresse de 5 pts chez franco qui représentent 80% de l'électorat, il faut donc aller chercher 1 autre point chez les non-franco. À 20% de la population, cela prend une hausse de 5 pts auprès de cet électorat). Est-ce irréaliste d'envisager un tel gain? Non. Bien sûr, si l'on parti du principe que la hausse ne provient que des allo (donc le PQ serait stable chez les anglo), là la hausse observée demanderait que le PQ ait quasiment doublé auprès des allo. Mais honnêtement, on est rendu à faire des calculs sur des populations tellement petites, je ne suis pas sûr que cela en vaille la peine. Au final, je maintiens mon opinion que les chiffres franco/non-franco de Crop ne sont pas suspects. La hausse provient des francophones, tel qu'attendu (si effectivement le PQ a progressé de 5 pts).

Monsieur Duhamel mentionne également que le PQ va chercher sa progression chez QS. C'est vrai en partie. Le PQ va ausi chercher chez les "ne sait pas/aucun parti". Le sondage Crop de janvier 2014 avait 18% dans la catégorie "Aucn parti/annulerait mon vote"+"ne sais pas" (9+9 pour être exact). Ce mois-ci, cela tombe à 7+7. À seulement 14% combiné, c'est le plus faible résultat depuis des mois. En général, cela oscille vers les 17%. Le PLQ et CAQ sont en fait parfaitement stables avant répartition. Et voilà bien où je veux en venir: la répartition de ces "indécis" est cruciale. En particulier quand ils représentent autant que 18% des répondants. Il y a diverses façons de répartir ces indécis (proportionnel, etc), mais peu importe la technique utilisée, on voit que les chiffres présentées souffrent nécessairement d'hypothèses qui pourraient ne pas être vraies.

Personnellement, j'aimerais que les maisons de sondages enquêtes un peu davantage auprès de ces indécis. Par exemple, on pourrait leur demander s'ils penchent quand même en faveur de l'un ou l'autre parti. Cela pourrait être intéressant et plusieurs sondeurs Canadiens (Abacus par exemple) font cela.

Ainsi, est-ce que l'on peut expliquer pourquoi le PQ irait chercher 5 points en 1 mois auprès des indécis et électeurs QS? Pas vraiment. En tout cas je ne pourrais vraiment l'expliquer sans faire de grandes conjectures.

Aussi, Duhamel mentionne que le PQ est en tête dans la région de Québec (35% contre 29% à la CAQ et 24% au PLQ). Ces intentions de votes sont en effet un peu étranges. Mon modèle (qui n'utilise pas ces données régionales mais a des coefficients pour chaque région afin de transposer la variation provinciale) a plutôt le PLQ en tête à 33%, devant la CAQ à 29% et le PQ 28%. Bien sûr, tant le sondage que mes projections ont de l'incertitude (le sondage Crop n'a que 158 observations dans la RMR Québec, cela se traduit par des marges d'erreur de plus ou moins 7% pour le PQ!), mais il est en effet hautement improbable que le PQ soit en tête et les Libéraux si bas. En 2012, le PLQ y avait obtenu 31% des votes, contre 38% à la CAQ et 22% au PQ. Ainsi, pour que le sondage Crop ait raison, il faudrait que le PLQ ait en fait perdu des plumes dans cette région (malgré être supérieur provincialement à son résultat de 2012). De plus, il faudrait que ces votes soient allées au PQ (note: on peut naturellement imaginer que le PLQ ait en fait perdu au profit de la CAQ qui aurait elle-même perdu au profit du PQ, mais je reste au niveau "net" pour mon analyse). Un tel échange PLQ vers PQ n'est pas très probable. Et cela me convainc encore davantage de ne pas utiliser directement les données régionales de ces sondages avec de petits échantillons.

Au final, il n'y a pas assez d'éléments "bizarres" pour pouvoir affirmer que le sondage Crop est complètement faux. La plupart des changements observés pourraient l'être en raison de la variation statistique naturelle et d'une légère progression du PQ. Même dans la RMR Québec, la taille d'échantillon est telle que les chiffres présentés sont "possibles".

Par contre, tant que l'on n'aura pas une confirmation de ces intentions de votes via un autre sondage (et si possible, une différente maison de sondage telle que Leger), il est important de rester sceptique. C'est après tout la raison pour laquelle je fais mes simulations afin de tenir compte de toute ces cette incertitude. Et c'est pour quoi malgré une avance de 6 pts, le PQ n'était pas donné gagnant à 100% dans mes projections.

18 février 2014: Le PQ atteint les 40% et 97.5% de chances de remporter le scrutin.

Le dernier sondage Crop-La Presse va faire parler beaucoup de monde. À quelques jours du déclenchement (maintenant encore plus que) probable des élections, le PQ se retrouve en situation très favorable. Cependant, rappelons-nous qu'il ne s'agît que d'un sondage. Et vu que ce dernier est relativement fort différent des sondages récents (le bond de 5 points du PQ est significatif), il serait bon d'attendre une confirmation de ces intentions de votes par d'autres maisons de sondages (je suppose que l'on aura un Léger très prochainement).

Quoiqu'il en soit, en se basant uniquement sur ce sondage, voici les projections:
Intentions de vote; Projections de sièges avec intervalles de confiances à 95%; Chances de gagner le plus de sièges
Remarque: comme d'habitude, au moment d'écrire ce billet, je n'ai pas accès aux données complètes de ce sondage. Il se peut ainsi que les intentions de votes pour ON et les Verts soient un peu fausses.


Comme vous pouvez le voir, le PQ remporterait le scrutin facilement. Les chances d'une majorité sont de plus de 90% pour Pauline Marois. Avec une avance de 6 points (et de plus de 20-points chez les franco), le PQ aurait quasiment la victoire assurée. Les projections ne donnent pas la formation gagnante 100% du temps car je tiens compte de l'incertitude due aux sondages. L'avance PQ est certes significative, mais nous ne pouvons totalement exclure que le PLQ soit dans la course. Après tout, nous avons vu de pires erreurs de la part des sondeurs au cours des deux dernières années (CB, Alberta). Si vous partez du principe que ce sondage a raison, ou si vous préférez, si le PQ récoltait vraiment 40% des votes alors que les Libéraux devaient se contenter de 34%, alors dans ce cas le PQ serait assuré de gagner.

Malgré son retard, le PLQ de Philippe Couillard pourrait non seulement remporter le scrutin s'il devait bénéficier d'une prime à l'urne (en d'autres mots, si ce sondage sous-estimait ce parti drastiquement), mais dans les faits, les simulations ont même quelques rares cas où les Libéraux seraient majoritaires! Bien sûr, les chances que cela se produise sont très minces (il faudrait une sous-estimation massive et une distribution incroyablement efficace du vote PLQ). Je tenais juste à le mentionner afin d'illustrer le fait que le modèle et les simulations incluent vraiment beaucoup d'incertitude. Certains pourront penser qu'il est absurde d'en avoir autant, mais je tiens à couvrir tous les cas possibles. Je ne me ferai pas attraper par des sondages complètement dans le champ une nouvelle fois.

Le fait demeure que le PLQ récolterait quand même près de 50 sièges. Cela montre bien que ce parti bénéficie d'un nombre important de comtés "assurés". Aussi, il ne faudrait pas oublier que 34% serait en fait supérieur au résultat de 2012. En d'autres mots: même s'il ne remporterait probablement pas l'élection, le PLQ pourrait légitimement espérer faire des gains au dépend de la CAQ.

Parlant de la formation de François Legault, il semble que la barre des 20% devienne de plus en plus inaccessible. Il faudrait toute une campagne pour que ce parti puisse espérer ne pas perdre un nombre important de députés. Comme toujours cependant, le modèle semble être un peu dur à l'encontre de ce parti car les 5 sièges projetés sont définitivement dans le bas de son intervalle.

Quant à Québec Solidaire, ce parti baisse de 3%. Cette formation était constamment à 10% chez Crop au cours des derniers mois. Cependant, il ne faudrait pas oublier que Léger a toujours eu ce parti plutôt vers les 7-8%. Là encore, il faudra attendre le prochain sondage avant de vraiment parler d'une baisse.

Je posterai plus tard aujourd'hui ou demain un billet plus court avec d'autres statistiques et quelques graphiques.

February 17th 2014: Ipsos poll shows tight race in Ontario. PC has the edge, NDP hurt by electoral system.

February 17th 2014: Ipsos poll shows tight race in Ontario. PC has the edge, NDP hurt by electoral system.
A couple of days after the two by-elections which saw the PC and NDP both win a seat (a loss for the Liberals in Niagara Falls and a hold for the PC in Thornhill), Ipsos-reid published a new poll for this province. Since I admit I don't follow Ontarian politics much, I'll keep this post to a minimum. I have a model and simulator for this province, but I cover Quebec and the federal elections a lot more. I'll hopefully change that in the future.

In term of votes, we have a close three-way race. If you do the math (or use my calculator for that), you'll see that given the sample size (828), the three parties are statistically tied. However, and this is a case where having a fully developped seat projection model is handy, the race isn't that close in term of seats. Specifically, the PC is the favorite here, with around 58% chances of winning the election (this probability accounts for the uncertainty due to the poll as well as the electoral system). Speaking of the electoral system, the NDP is clearly at a disadvantage. Indeed, even though this party is tied with the Liberals, they are projected with around 10 less seats and, more importantly, only 7% chances of winning. The Liberals on the other hand have 35% chances. Here are the projections (sorry, I don't have yet a nice infographic for Ontario). In order, you have the seat projections and the chances of winning (defined as winning the most seats).

PC: 40; 58.5%
OLP: 38; 34.5%
NDP: 29; 7%
Green: 0; 0%

I'm not sure if there is historically a clear pattern in Ontario regarding which party is favoured by the system (such as in Quebec where it's a well known fact the Liberals are at a disadvantage because of the concentration of the votes among non-francophones). I'd welcome comments and information about this. But as for the NDP here, I'd say it's pretty natural that the third party (based on the last general election, history and even other recent polls) would be the one hurt the most by our old electoral system.

Still, the fact remains that technically, all three parties would have a shot at winning (only if you account for the uncertainty due to the polls. I'm not saying here that the NDP could really win if, on election day, they were to receive 3 less points than the Conservatives). Also, regarding the two recent by-elections, we see that the projections based on this poll would have got the correct winner in each riding. The percentages are a little bit off, but nothing that can't be explained by the fact they were by-elections with different  turnouts than a general election. So this poll is probably giving us a relatively accurate snapshot of the current political landscape in Ontario.

If you want the detailed projections, the pdf is here.

6 février 2014: La Mauricie comme source de la majorité Péquiste?

Il y a quelques jours de cela, les médias rapportaient d'importantes annonces de la part du gouvernement PQ en Mauricie/Centre du Québec. Alors que les rumeurs d'élections s'amplifient, il est facile de voir cela comme une manœuvre électorale.

Le but de ce billet est de voir le potentiel électoral de cette région et de déterminer si le PQ pourrait aller y chercher sa majorité.

Dans mon modèle, il y a 8 comtés dans la région Mauricie-Centre-du-Québec (Arthabaska, Champlain, Drummond-Bois-Francs, Laviolette, Maskinongé, Nicolet-Bécancour, Saint-Maurice et Trois-Rivières). En 2012, le PLQ en a remporté 3, le PQ seulement 2 et la CAQ 3.

Étant donné que le PLQ est plus élevé maintenant qu'en 2012, la clé est de regarder les 3 comtés CAQ (Nicolet-Bécancour, Drummond-Bois-Francs et Arthabaska). Sur cette liste, Nicolet-Béanconcour est une victoire facile pour la formation souverainiste. En effet, la victoire CAQ n'était due qu'à la division du vote causée par ON et son ex-chef Jean-Martin Aussant. Drummond est aussi projeté PQ. Arthabaska est projeté PLQ par contre.

Il faut dire que selon mon modèle, la Mauricie n'est pas la région la plus favorable à l'échange de votes entre la CAQ et le PQ (à l'inverse par exemple de la Rive-Nord où les échanges PQ-CAQ sont fréquents et importants). Le PQ devrait ainsi travailler un peu plus dur pour s'assurer que les votes CAQ lui reviennent au lieu d'aller au PLQ.

Parmi les comtés Libéraux, Maskinongé est le meilleur candidat pour changer de bord. Le PQ devrait cependant récupérer une part importante du vote CAQ de 2012 afin de dépasser le PLQ. Trois-Rivières pourrait aussi être en jeu.

Ainsi, dans le meilleur des cas, le PQ pourrait remporter les 2 comtés de 2012 (Saint-Maurice et Champlain), les 2 gains de la CAQ (Nicolet-Bécancour et Drummond-Bois-Francs) ainsi que deux les deux potentiels gains du PLQ (Maskinongé et Trois-Rivieres) pour un total de 6 victoires sur 8. Sur ces 6 comtés, les projections actuelles en donnent 4 au PQ (ceux provenant de la CAQ). Ainsi, un ciblage de cette région pourrait rapporter réalistiquement 2 sièges au-delà des gains "automatiques" due à la chute de la CAQ. Remarquez cependant que l'on parle ici d'un scénario idéal.

Serait-ce suffisant pour obtenir une majorité? Les dernières projections avaient le PQ à 61 sièges. Les deux gains supplémentaires porteraient ainsi le total à... 63 sièges!

Au final, la Mauricie pourrait en effet être la région clé pour le PQ. Tant que la CAQ reste sous les 20%, le PQ est garanti de reprendre bien des comtés CAQ dans le 450. Mais cela ne suffit pas à obtenir une majorité. Après, les régions potentielles sont limitées. Québec est meilleur pour le PLQ. Le Nord est déjà tout PQ. On peut faire la liste une à une, mais on voit rapidement que le PQ n'a pas trop de choix. Pas sans augmenter significativement dans les intentions de vote (genre être aux alentours des 38-39%). Ainsi, les annonces récentes montrent en effet que le PQ est en mode électoral et sait qu'une majorité passera pas une bonne campagne et un ciblage précis de quelques comtés. Est-ce que ces annonces gouvernementales seraient suffisantes pour remporter 2-3 comtés? C'est une autre question.

Nouvelle carte électorale: les effets au Québec

Nouvelle carte électorale: les effets au Québec
J'ai déjà posté mon analyse sur les effets de la nouvelle carte électorale (en anglais). Ce billet s'intéresse au Québec. Bien que cette province n'ait reçu que 3 sièges additionnels (afin de garantir que le poids du Québec à la Chambre des Communes ne soit pas inférieur à son poids démographique), la plupart des comtés existant ont été redessiné.

Pour cette analyse, je me sers des intentions de votes d'après les deux plus récents sondages Ekos et Abacus. Comme je le mentionnais dans mon analyse en anglais, les résultats et effets de la carte varient grandement en fonction de quel parti est en tête dans telle ou telle province, mais pour l'instant, partons du principe que la moyenne Ekos/Abacus nous donne les intentions de vote actuelles. Pour le Québec en particulier, les pourcentages ont été relativement stables au cours des derniers mois.

Le tableau suivant montre le nombre de sièges ainsi que les chances de remporter le plus de sièges dans la Belle Province avec l'ancienne et nouvelle carte.

PCC PLC NPD Verts Bloc
Ancienne Sièges 8 27 35 0 5
Chances de gagner (la province) 0.0% 24.8% 75.0% 0.0% 0.2%
Nouvelle Sièges 8 27 38 0 5
Chances de gagner (la province) 0.0% 19.1% 80.8% 0.0% 0.1%


En moyenne, le NPD est le parti qui bénéficierait le plus, avec des hausses de respectivement 3 sièges et 5 points de %. Si le 3 gains ne sont pas forcément majeurs (après tout, avec l'incertitude du mode de scrutin, il est fort possible que le Bloc et le PLC soient en fait les partis qui augmentent leur nombre de sièges), mais la hausse de 5% des chances de remporter le plus de sièges est  moins négligeable. Rappelez-vous ce que cela signifie: avec les même pourcentages pour les intentions de votes, le NPD a davantage de chances de remporter le plus de sièges. À remarquer aussi que le NPD est projeté en tête en terme de sièges malgré un retard d'environ 2 pts dans les intentions de votes (29.9% vs 31.7% pour les Libéraux). La concentration du vote PLC chez les non-francophones se fait naturellement ressentir.

Au final, au même titre que j'arrivais à la conclusion que la nouvelle carte électorale ne change pas vraiment la donne au niveau fédéral, la même chose peut être dite pour le Québec. Le NPD semble un petit peu avantagé, mais rien de très remarquable. Si les intentions de votes devaient changer (par exemple une remontée du Bloc aux dépends du NPD), les effets pourraient être fort différents. Ce qui renforce on point central: la carte en elle-même ne change pas grand chose, les effets observés sont davantage le fruit du mode de scrutin.

The effects of the new federal electoral map: who benefits from it?

Yesterday, Election Canada released the transposition of the 2011 votes on the new electoral map. This one adds 30 ridings to the existing 308 and will be used for the next general federal election (scheduled for 2015). The 30 new ridings are in Ontario (15), Alberta (6), BC (6) and Quebec (3) (note however that even in provinces where the total number of ridings hasn't changed, the electoral boundaries were also modified).

Using the transposition of the votes, we can see that, had the new map been in effect in 2011, the Conservatives would have won most of the new seats, increasing their MPs from 166 to 188. The NDP would only have won 6 additional ridings and the Liberals 2. Looking at these numbers, medias and journalists were quick to write headlines and commentaries such as "Tories stand to benefit from electoral map" (and similarly in French).

The main problem is that this kind of analysis is, to say the least, too short sighted. In particular, the numbers presented yesterday by Election Canada show more the effects of the electoral system than the new map. With the current system (that we should change, but this is for another time), the party who finishes first in a region/province usually wins the most seats. And the system actually rewards this party with a disproportionate share of seats (compared to the share of votes). In 2011, the Tories won 54% of the seats with only 40% of the votes. Therefore, if we increase the number of seats, the winning party will receive most of them. It doesn't show a bias or effect of the map, but rather the impact of the outdated electoral system.

The main thing to notice is that since 2011, the vote intentions have changed drastically. In particular, most of the polls of the last 6 months show the Liberals of Justin Trudeau ahead. The good fortune of the Grits is particularly visible in Ontario. Given that half of the new seats are from this province, it's quite possible the new map will actually give the Liberals an edge. This could be particularly the case given that most of the new seats are in the south of Ontario (where the population growth occured), a region usually favorable to the Liberals (people are quick to forget how dominant the Liberals had been in this province for a decade before Harper won the most seats in 2011).

I decided to run an experiment to try to establish the actual effects of the new map. Using the transposition of the votes from Election Canada, I modified the seat projections model. Then I ran my usual simulations (read the FAQ page if you are not familiar with them) on the old and new map. The starting point for both sets of simulations was the same: the averaged numbers of the two recent spolls from Ekos and Abacus. The two polls show mostly the same situation: the Liberals ahead nationwide, with the Conservatives not far behind and the NDP around 24-25%. Both polls also have the LPC first in Ontario, although by different margins. All in all, these polls are consistent with most polls of the last few months (with the lead of the Liberals slowly decreasing).

What I was interested were mostly two things: which party would increase/decrease its share of seats (with the same, constant, share of votes) and would there be an effect on the probabilities of winning the next election. The results are presented below.

CPC LPC NDP Green Bloc
old map seats 103 123 78 1 3
share of seats 33.4% 39.9% 25.3% 0.3% 1.0%
chances of winning 13% 87% 0% 0% 0%
new map seats 111 137 86 1 3
share of seats 32.8% 40.5% 25.4% 0.3% 0.9%
chances of winning 8% 92% 0% 0% 0%


As you can see, the party that is actually favored by the new map is indeed the Liberal Party of Canada, not the Conservative Party. But the impact is quite small. In term of seats, we can see that the Grits would receive the biggest increase, similarly to the fact the Conservatives were benefiting from the increased number of seats in 2011 in the transposition. The biggest effect is however on the chances of winning. Harper and his party drop from 12% chances to only 8%. As a reminder, these probabilities accont for the uncertainity due to the polls (i.e: we are not sure of the actual vote intentions) as well as the one due to the electoral system (and where the vote is).

Let's be clear here: with the same vote intentions (the current ones based on the polls), the new map increases the chances of winning for the Liberals by 5 points. If anything, it should be clear that the new map actually benefits Justin Trudeau. Why is it the case? One answer is of course in Ontario where the Liberals, currently ahead, would win most of the new seats. People are quick to point out the 6 additional seats in Alberta where the Tories have dominated for a long time. That is true, but let's not forget that 24 of the new 30 seats are in Quebec, Ontario and BC. These three provinces hardly qualify as safe lands for the Tories.

At the end of the day, what you should take from these numbers is the following:

- Who benefits from the increased number of seats is essentially a question of which party finishes first in term of votes.
- The effect is therefore mostly due to the electoral system, not the map itself.
- Even in cases where one party is almost guaranteed to win most of the new seats (like in Alberta), let's remember that the new map only corrects for the changes in demographics. In other words, Alberta deserves the added seats and if the Tories (or any party) win them, it's only because they are popular in this province. Winning seats because you are the favote option is only natural. If anything, we should be talking of the bias of the 2011 map where some provinces were under-represented at the House of Commons.

Overall, it seems to me the new map doesn't have a real effect. In particular, I don,t think we can speak of an advantage for the Tories simply because they would have won most of the new seats in 2011. The results of my simulations show relatively small effects, especially in term of seats. I'll of course re-run them if the vote intentions change drastically between now and the next election.